Iceberg
2024, ink on paper, 50x63cm 
© Camille Conrad-Rasseneur, Adagp, Paris, 2025.

“On ne voit bien qu’avec le coeur. L’essentiel est invisible pour les yeux.” 
Cette citation touchante d’Antoine de Saint-Exupéry, tirée de son célèbre roman Le Petit Prince, nous rappelle avec bienveillance qu’il faut savoir aller au-delà des apparences. 
Un adage qui pourrait tout à fait s’appliquer aux Icebergs, dont la majeure partie du corps est immergée et ne laisse entrevoir à notre regard que ce qu’ils désirent nous montrer. Des “arches biologiques renfermant des écosystèmes entiers” comme se plaît à les qualifier joliment le philosophe Olivier Remaud. Issus d’une nature des extrêmes que l’on a un peu trop tendance à croire vide, ces Géants blancs parcourent à leur manière ce vaste monde. En dépit de leur masse colossale Ils enlacent la mer avec légèreté au rythme d’un ballet faussement inerte, spectacle féérique d’une interdépendance organique qui se vérifie aussi avec nous autres, habitants du globe. Car de la même façon que pour leurs cousins terrestres les Glaciers, ce qui les affecte, par la force des choses, finit par nous affecter également. Ils pensent comme des Élémentaux. Comme les Êtres vivants qu’ils sont et qui ne cherchent qu’à mener à bien leur mission de passeurs de vie. Là où la Mer de Glace se mue de plus en plus au fil du temps en amer de glace. Ils pensent donc Ils sont. Une affirmation très cartésienne, alors que l’inspiration de cette oeuvre semble bien davantage puiser son origine dans une théorie freudienne. C’est en effet au cours d’un rêve que la forme ici représentée est apparue à l’artiste. Au retour de son périple en Islande où elle avait pu aller à la rencontre du Glacier Solheimajökull. À l’aide de la technique d’encre à base d’eau appliquée sur papier Bamboo, Camille a retranscrit sa vision vibrante d’un coeur lumineux et translucide. Le joyau révélé de celui dont le nom signifie véritablement :
“Glacier de la maison ensoleillée”


Damien Maire

Merci à l’écrivain Damien Maire pour ce texte
et son interprétation singulière de cette peinture.


“It is only with the heart that one can see rightly ; what is essential is invisible to the eye.” 
This touching quote from Antoine de Saint-Exupéry, taken from his famous novel The Little Prince, kindly reminds us that we must look beyond appearances. 
This adage could easily apply to icebergs, most of whose bodies are submerged, revealing only what they want us to see. They are “biological arches containing entire ecosystems,” as philosopher Olivier Remaud so beautifully describes them. Born of an extreme natural environment that we tend to believe is empty, these white giants roam this vast world in their own way. Despite their colossal mass, they embrace the sea with lightness, dancing a deceptively inert ballet, a magical spectacle of organic interdependence that also applies to us, the inhabitants of the globe. For in the same way as their terrestrial cousins, the glaciers, what affects them inevitably ends up affecting us too. They think like elementals. Like the living beings that they are, seeking only to fulfill their mission as conveyors of life. Where the Mer de Glace is increasingly turning into a sea of ice over time. They think, therefore they are. A very Cartesian statement, whereas the inspiration for this work seems to draw much more from Freudian theory. It was during a dream that the form depicted here appeared to the artist. Upon returning from her trip to Iceland, where she had been able to visit the Solheimajökull Glacier. Using water-based ink on Bamboo paper, Camille transcribed her vibrant vision of a luminous, translucent heart. The revealed jewel of the one whose name truly means : 
“Glacier of the Sunny House.” 

Damien Maire